1450872-gfJe vous propose de découvrir un nouveau roman de Jean d’Ormesson, moins métaphysique que Presque rien sur presque tout et penchant plutôt du côté de l’autobiographie cette fois-ci. J’ai fait l’acquisition de quatre de ses romans récemment, donc vous verrez certainement défiler d’autres critiques prochainement.

Résumé de l’éditeur

Le roman tourne autour d’un personnage qui s’appelle Romain. Il est à contresens du mouvement actuel des esprits. C’est une figure qui pourrait passer pour paradoxale : Il est habité par un goût immodéré du bonheur, il ne croit à rien mais il cultive un art apparemment disparu qui est l’amour de la vie. Il passe, et un soleil intérieur se met à briller. Il illustre une formule de Montesquieu :  » Je m’éveille le matin avec une joie secrète, je vois la lumière avec une sphère de ravissement. Tout le reste du jour, je suis content. « 

Mon avis

L’histoire, ou les histoires car ce roman en regroupe une multitude, prend sa source lors de l’enterrement de Romain, ami proche du narrateur, Jean. Cet enterrement, comme tout évènement de ce genre où les proches du défunt se retrouvent pour le pleurer une dernière fois, est l’occasion pour Jean de se remémorer les souvenirs enfouis et de mettre à la surface les émotions suscitées par les rencontres qui ont parsemé son existence.

Ce roman a été l’un des plus agréables qu’il m’ait été donné de lire. Agréable car cela a simplement été un plaisir de parcourir ces douces pages et j’ai parfois eu l’impression régressive de voyager dans un conte, m’attendant presque à découvrir une morale à la fin. Comme dans les contes, on retrouve les gentils et les méchants, mais les rôles s’inversent parfois. On tourne les pages de ce roman en passant d’un personnage à un autre, à ce que chacun fait revivre à Jean, notre narrateur, comme s’il gardait en lui un morceau de sa vie. Le tout forme un texte à l’apparence hétérogène, mais dont le fil conducteur discret n’en est pas moins présent et plein de sens. Il n’y a aucun temps mort, le rythme est finement construit. On se délecte des histoires de chacun en se posant toujours la question de la véracité de celles-ci ; cela s’est-il réellement passé de cette façon ? Quelle qu’en soit la réponse, la lecture n’en perd aucunement sa douce saveur tant ce qui nous est donné de lire est rempli d’amour. Jean d’Ormesson écrit avec énormément de tendresse, en pesant toujours ses mots. Il pourrait nous narrer les pires monstruosités qu’on y trouverait toujours un peu d’espoir. Pour autant, il ne fait pas l’erreur redoutée de tomber dans un excès de naïveté. On aimerait tellement être décrit par Jean d’Ormesson, qui parvient toujours à faire ressortir les bons côtés de ses personnages.

Dans ce roman, sont aussi abordés des thèmes qu’il nous fera le plaisir de traiter plus en profondeur dans d’autres de ses œuvres, comme  la mort, l’existence ou l’univers. Jean d’Ormesson ne joue pas à l’hypocrite avec le lecteur en abordant ce qu’il ne maitrise pas. Il nous raconte ce qu’il connait, ce qu’il a vécu et finalement on s’en contente largement. Point de mégalomanie ici néanmoins, car malgré son omniprésence au fil des pages, Jean d’Ormesson met toujours en avant ses personnages et non lui-même. Il assiste en pur spectateur, comme le lecteur finalement, à l’évolution de ces derniers.

Vous l’aurez compris, Voyez comme on danse est une lecture que vous conseille fortement, croyez-moi vous passerez un agréable moment.

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