Changeons complètement de registre cette fois-ci, et offrons-nous un peu de réflexion philosophique/métaphysique. Je me suis déjà plongée dans C’est une chose étrange à la fin que le monde de Jean d’Ormesson, et c’est avec un vive plaisir que j’ai souhaité retenter cette expérience qui m’avait beaucoup plu, pour ne pas dire, interrogée, questionnée, secouée, interloquée. Nous restons dans le même thème, celui des questionnements sur nos origines, sur le pourquoi du comment du Tout qu’est l’univers dans lequel nous évoluons, sur la place de l’être humain dans tout ce micmac et sur le sens que nous pouvons donner à notre existence.

Résumé de l’éditeur (il s’agit d’un extrait, puisque qu’ici un résumé  serait incongru)5953_1394197

Avant le tout, il n’y avait rien. Après le tout, qu’y aura-t-il ? (. ) Que seraient les hommes sans le tout ? Rien du tout. Ils n’existeraient même pas puisqu’ils sont comme une fleur et comme un fruit du tout. Nous sommes un très petit, un minuscule fragment du tout. Mais que serait le tout sans les hommes ? Personne ne pourrait rien en dire puisqu’il n’y a que les hommes pour en parler. Le tout, sans les hommes, serait absent et mort. (. ) Il y a un roman plus vaste que le roman des hommes, c’est le roman du tout. Du tout d’abord tout seul. Premier tome. Formidable, mais inutile. Big bang. Galaxies. Soupe primitive. Diplodocus. Puis des hommes dans le tout Deuxième tome. Plus beau encore (. ) Voulez-vous qu’un homme, qui n’est qu’un homme, quelle misère ! mais qui est un homme, quelle gloire ! raconte aux autres hommes, même misère et même gloire, cette grande Big Bang story, ce grand roman du tout ? Presque tout. Presque rien. Presque rien sur presque tout

Mon avis

Ce n’est jamais évident de donner un avis sur une œuvre aussi personnelle, mais en même temps qui aborde des thèmes dont l’universalité parle à tout un chacun. Presque rien sur presque tout est la réflexion d’un homme, et par là-même elle nous apporte toute la richesse qu’un cerveau aussi intelligent que celui de Jean d’Ormesson a su créer. Ce livre, qu’on se le dise, pose plus de questions qu’il n’apporte de réponses. Mais nous savons tous qu’une bonne question pertinente vaut mieux que des tentatives vaines pour y répondre.

Le titre résume parfaitement le livre en lui-même, aborder le Tout (l’univers dans son intégralité) à travers des infimes morceaux de ce qui le constitue : le temps, l’espace, l’homme, les animaux, l’amour, l’espoir etc. Tout est abordé avec énormément de recul. Nous nous sommes tous un jour posés des questions existentielles sur ce qui nous transcende. Jean d’Ormesson nous offre sa propre analyse et le fruit de ses innombrables réflexions pour nous aider à trouver un chemin dans ce qui parait informe et ineffable. A travers son écriture, transpercent la maturité mêlée à l’envie et l’effort de rendre son texte intelligible et accessible à tous. Nous y trouverons tous quelque chose qui résonne en nous.

Jean d’Ormesson aborde des thèmes qui paraissent incongrus, et dont on pourrait se poser la question de leur place ici. Il est vrai que parfois je suis restée coite et interrogative. Lorsque par exemple, l’écrivain nous raconte la place du chat ou du cheval dans nos sociétés ; ce sont des passages relativement courts et non dénués d’intérêt certes, mais j’ai du mal à percevoir le lien les unissant avec le reste. Il est vrai que la particularité de Jean d’Ormesson, c’est d’aborder le détail pour parler de la globalité ; procédé intéressant lorsqu’il s’agit de traiter de thèmes aussi vastes que l’est l’univers mais dont une utilisation excessive peut brouiller le fil de la pensée et donc nuire à la compréhension du récit. C’est un reproche sans en être un car comme dit précédemment Jean d’Ormesson a quand même le souci de ne pas perdre son lecteur en route.

Un reproche lié à la forme, serait l’utilisation excessive de l’énumération. Figure de style lourde d’autant plus lorsqu’elle est répétée à longueur de page. Je devine le pourquoi du choix d’un tel procédé stylistique, mais quand même, point trop n’en faut de compliquer une lecture déjà fort consistante dans son fond.

En définitive, j’apprécie cet homme pour sa vivacité d’esprit et son amour pour ce tout qui nous entoure, de la moindre petite fleur aux montagnes enneigées en passant par les constructions de l’Homme au fil des siècles. La profondeur de ses réflexions n’a d’égale que la profondeur de son regard. Je suis encore plus curieuse de découvrir d’autres romans de cet auteur qui a toute mon affection et mon admiration. Je vous invite à découvrir l’œuvre de Jean d’Ormesson, qui est l’un des plus grands philosophes des 20ème et 21ème siècles.

Rendez-vous sur Hellocoton !